À la fin de ce remarquable travail sur le Président éphé­mère (…) on comprend pourquoi il a été abattu le 29 juin 1992, devant les camé­ras de télé­vi­sion, avec, sur les lèvres, ces derniers mots: « Pourquoi les autres nations nous ont-elles dépas­sés? Et l’is­lam… ».Libé­ra­tion

Des émeutes de 1988 à l’as­sas­si­nat du président Boudiaf en juin 1992, ce docu­men­taire retrace les diffé­rentes étapes histo­riques et poli­tiques de cette période char­nière pour l’Al­gé­rie. Pendant les 180 jours, Moha­med Boudiaf incarna l’es­poir du pays, avant d’être assas­siné par un des offi­ciers char­gés de sa sécu­rité.

Le coup d’Etat qui porte Boudiaf à la tête de l’Al­gé­rie en Janvier 1992 est la dernière carte jouée par les auto­ri­tés, affai­blies par plusieurs années de crise, pour empê­cher le FIS, gagnant du premier tour des légis­la­tives de décembre 1991, d’ac­ce­der au pouvoir. Pour une grande partie du peuple, Boudiaf, exilé depuis 1964 au Maroc, reste le symbole de l’in­té­grité poli­tique, de la tolé­rance, de la démo­cra­tie. Il est l’un des rares leaders algé­riens dont l’hon­neur soit indis­cu­table. Profon­dé­ment musul­man, il n’a de leçon à rece­voir de personne à propos du « Livre saint », qu’il connaît par cœur. Il appa­raît comme l’homme provi­den­tiel, capable d’ap­por­ter une légi­ti­mité au coup d’État et de redon­ner confiance à la popu­la­tion tout en étant accep­table pour les plus modé­rés des isla­mistes.

Mais si Moha­med Boudiaf accepte, c’est qu’il a des véri­tables ambi­tions pour le pays et un programme de réformes. Les diver­gences entre le président Boudiaf et les « déci­deurs », comme il les appelle, commence le jour de son retour à Alger. Au moment où il va pronon­cer un discours à la nation, on lui propose de lire un texte déjà préparé. Il refuse et lit fina­le­ment son propre discours avec une demi-heure de retard.

Après avoir paré au plus pressé, en réus­sis­sant à conte­nir la défer­lante inté­griste, Moha­med Boudiaf s’at­taque aux rentiers du système FLN, qu’il quali­fie de « mafia poli­tico-finan­cière ». Les six mois qu’il passe à la tête de l’Etat sont marqués par un bras de fer perma­nent, qui prend des tour­nures aiguës sur plusieurs dossiers notam­ment la lutte contre la corrup­tion, la réforme des insti­tu­tions (la justice, les douanes), le calen­drier élec­to­ral mais aussi l’af­faire du Sahara occi­den­tal. C’est un président privé de tout soutien qui est abattu le 29 janvier 1992 par un des offi­ciers char­gés de sa sécu­rité. À ce jour l’enqête ne révèle aucune infor­ma­tion sérieuse. Avec sa dispa­ri­tion, ce sont les espoirs de réforme qui s’écroulent en Algé­rie: le pays sombre dans le chaos.

Avec les témoi­gnages de l’épouse du défunt Madame Boudiaf, d’Ahmed Djeb­bar (ancien conseiller de la commu­ni­ca­tion du président), de la jour­na­liste Malika Abdel Aziz, du poli­to­logue Ahmed Benaoum, et de l’ex-ministre des droits de l’homme Ali Haroun et de l’Am­bas­sa­deur de France à Alger Jean Audi­bert, aujourd’­hui décédé.

Festivals Festi­vals
FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D’HISTOIRE DE PESSAC
FIPA, BIARRITZ
FESTIVAL DE GUINDOU
CMCA, PALERME

Libé­ra­tion

Algé­rie, un assas­si­nat programmé

La mort de Moha­med Boudiaf en 1992 a satis­fait bien des appé­tits.

À la fin de ce remarquable travail de Noël Zuric et de Malek Bens­maïl, on ne sait pas qui a fait tuer Moha­med Boudiaf. Mais on comprend pourquoi il a été abattu le 29 juin 1992, devant les camé­ras de télé­vi­sion, avec, sur les lèvres, ces derniers mots : « Pourquoi les autres nations nous ont-elles dépas­sés ? Et l’is­lam… ». Et on saisit, surtout, qui cet assas­si­nat servait. Figure histo­rique de la lutte pour l’in­dé­pen­dance algé­rienne, Moha­med Boudiaf a été rappelé par le pouvoir aux abois, après un exil de vingt-huit ans au Maroc…

Jean-Luc Allouche

Le Soir d’Al­gé­rie

L’homme que la télé a oublié…

Le docu­men­taire consa­cré à l’homme que l’on ne saurait oublier, inti­tulé « Boudiaf un espoir assas­siné » est signé Noël Zuric, coréa­li­sant aux côtés de Malek Bens­maïl. La fiche promet sur le télé­texte 58 minutes d’un éclai­rage braqué sur les « déci­deurs », ces déno­mi­na­teurs communs à tant de malheurs. Il y est écrit, aussi, que le premier discours du Président Boudiaf avait été rédigé par ces « déci­deurs » puis refusé par « Tayeb el Watan » ce genre de révé­la­tion, tout en se voulant crous­tillant, est-il à prendre pour argent comp­tant? Sans préju­ger de fiabi­lité de ces infor­ma­tions. Notons que ladite copro­duc­tion (Arte, Sept et l’INA) ne manquera pas de susci­ter une foule d’in­ter­ro­ga­tions auxquelles nos amis du Boule­vard ne répon­dront sûre­ment pas vu que la mode du moment est aux contra­dic­tions… C’est devenu patent: elle ne fait que se contre­dire notre télé natio­na­le…

Mourad N.

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Fiche tech­nique

France/Algé­rie – Docu­men­taire histo­rique et poli­tique – 58' – 1999

El Watan

Docu­ments d’in­ves­ti­ga­tion

Feu le président Boudiaf est chez nous ce soir grâce encore à une télé­vi­sion des autres: la franco-alle­mande Arte. Le canal nous grati­fie d’un docu­men­taire de mémoire (Boudiaf, un espoir assas­siné, 58 mn) sur les 180 jours qu’ont repré­sen­tés pour son peuple le retour au pays et les mots publics du président, assas­siné le 26 juin 1992. Le combat­tant de l’in­dé­pen­dance natio­nale a été empê­ché de réali­ser son œuvre d’homme d’État.

Le docu­men­taire de Noël Zuric, coréa­lisé par Malek Bens­maïl, est une copro­duc­tion de l’Ins­ti­tut nation de l’au­dio­vi­suel (INA), la Sept Arte. L’œuvre illustre indé­pen­dam­ment de ses quali­tés esthé­tiques l’im­por­tance pour une nation de dispo­ser d’une mémoire audio­vi­suelle nour­rie, entre autres, des figures de femmes et d’hommes qui ont eu à cœur d’im­pri­mer leurs griffes à son évolu­tion histo­rique vers la moder­nité. Le dispo­si­tif et les déci­sions en cours dans le système audio­vi­suel natio­nal n’ont pas pour préoc­cu­pa­tion de permettre la produc­tion de ce type de docu­ment de mémoire. L’en­tre­prise natio­nale de produc­tion audio­vi­suelle (ENPA), née de la restruc­tu­ra­tion du système en 1986, n’existe plus ; la grille de l’ENTV est sous perfu­sion de l’im­por­ta­tion, tandis que de rares coopé­ra­tives et entre­prises privées tiennent toute ambi­tion de créa­tion sous tendue à d’hy­po­thé­tiques aides de diffu­seurs et orga­nismes étran­gers. Quelles images avons-nous des Kateb Yacine, Mouloud Mammeri et autres créa­teurs encore vivant à propo­ser aux Algé­riens de demain?

Belka­cem Moste­faoui


Boudiaf, An Assas­si­na­ted Hope

France/Algé­rie – History & Poli­tic Docu­men­tary – 58' – 1999

Boudiaf, the ephe­me­ral president of Alge­ria from January to June 1992, remains for a great many Alge­rians a symbol of poli­ti­cal inte­grity.

Foun­der of the Natio­nal Libe­ra­tion Front (FLN), the father of the home­land , his oppo­si­tion to Ben Bella forced him to exile in 1963. In decem­ber 1991, just after the unpre­ce­den­ted rout of the FLN in the legis­la­tive elec­tions called by president Chadli, it was Boudiaf who was invi­ted to take charge by FLN leader­ships and the gene­ral’s of the army, to coun­ter the rise of the isla­mist-inte­grist move­ment.

On june 29, 1992, he was assas­si­na­ted.

The future of Alge­ria was played out in the few months beet­ween the end of 1991 and the summer of 1992.

(english VOD not avai­lable)